Neil Dawe, NLALA, BD Ep, MLA
Quand on m’a d’abord demandé de me présenter au poste de président de la CSLA/AAPC, ma réaction initiale a été de supposer que Myke Hodgins s’était sûrement trompé de numéro. Qui suis-je, perché sur « le Rocher »? Et, de toute façon, jamais un Terre-neuvien n’a été pressenti pour cet honneur extraordinaire. Mais avant de pouvoir accepter, je devais consulter mon épouse Corrina (et je le dis sans rire) qui, en plus de son travail de planification des ressources devra maintenant endosser davantage de tâches domestiques sans compter le rôle de « maman taxi » pour conduire les enfants du soccer à l’escalade de rocher.
L’architecture de paysage n’a pas été ma première vocation – en fait c’est un domaine que je connaissais peu. J’ai débuté en conservation forestière et de la ressource; je travaillais pour les Parcs nationaux et provinciaux. À titre de gardien de parc au Parc national du Gros-Morne (les gens du coin m’appelaient « accro de l’orignal »), j’ai été initié à l’architecture de paysage par Sara Greutzner, Arthur Boutlier et Fred Hann. J’ai vite entrepris des études en conception et planification ornementale au Nova Scotia College of Art and Design où j’ai été étonné par le nombre d’architectes paysagistes –John Zuck, Peter Klynstra, Robert Parker, Gordon Ratcliff –qui enseignaient la planification. J’ai aussi été frappé par la latitude qu’on leur laisse pour la prise de décisions et la solution de problèmes. En l’absence de solution, nous étions encouragés à en trouver une – c’est ce qui m’a vraiment attiré vers la profession.
Après cinq ans de travail comme superintendant adjoint, récréation et parcs pour la Cité de St. John’s, Corrina et moi avons troqué notre Volkswagen pour le camion de mon ami, avons tout vendu et mis le cap sur Guelph, Ontario. Une fois sur place, j’ai complété une Maîtrise au programme d’architecture de paysage. J’ai décroché un emploi avec un des plus grands philanthropes de Terre-Neuve-et-Labrador : l’homme d’affaires Paul J. Johnson. Cet homme embrassait vraiment la maxime de Burnam : « n’élabore pas de petits projets ». Il vivait et travaillait selon la maxime « fais-le bien du premier coup ». Ensemble, nous avons bâti ce que je crois être le plus merveilleux réseau de sentiers de promenades, The Grand Concourse ou, en termes plus évocateurs : « Walkers Paradise ». C’est au cours de cette période que j’ai fondé la Newfoundland and Labrador Association of Landscape Architects, agi comme président de la CSLA/AAPC et siégé à son Conseil des gouverneurs.
Finalement, en 1998, j’ai fondé avec mon collègue Gerhard Weiland, Tract Consulting Incorporated. Tract connait une croissance soutenue et focalise sur quatre services à la clientèle clé : architecture de paysage, planification professionnelle, graphisme, et interprétation et conception d’exposition. Le talentueux M. Weiland est maintenant notre architecte paysagiste principal. J’aimerais parler longuement de notre personnel et des réalisations de TRACT mais je me contenterai de dire : Terre-Neuve-et-Labrador manque peut-être de poissons mais foisonne de talent. Nous avons, les Terre-neuviens et moi, développé une connexion profondément loyale à la terre et, plus utile encore, une compréhension politique unique de ce que représente le respect de la beauté naturelle d’une région.
En conclusion, je désire faire ressortir deux points en ce qui concerne la direction que j’aimerais voir la CSLA/AAPC prendre au cours de mon mandat à ce poste important :
1. Nous devons définir, promouvoir et encourager le bloc de connaissances qu’est l’architecture de paysage. J’appuie l’établissement d’une norme national pour la profession accepte ce principe sans contredit. À vrai dire, je défends le permis d’exercer.
2. Nous avons réellement atteint NOTRE moment. Je vous rappelle que le fondateur de notre profession, le généreux M. Olsmsted était à la fois planificateur social ET designer. Il importe de souligner que les gens sont de nos jours aussi préoccupés par la qualité de vie qu’ils le sont par l’importance de leur chèque de paye. En tant qu'architectes paysagistes, je crois fermement que nous pratiquons la profession vouée à la « qualité de vie ». Ensemble, planifions et célébrons des pratiques et conceptions qui assurent une vie de famille en santé.
Merci de m’en offrir l’occasion.